Mini Golfe 2016, une course très engagée!

Le départ de la Mini Golfe était le samedi 5 mars 2016 à 10h30. Mais réellement la course a débutée trois mois auparavant.

Tout commence fin novembre, lorsque Claude et moi décidons de se faire une sortie pour s’entraîner dans de bonnes conditions météo (25 nœuds de vent établi). Nous naviguions avec deux ris* dans la Grande Voile et un ris dans le Solent*. Après avoir fait une bonne remontée au prés* nous décidons d’abattre afin d’envoyer le spi. Vu les conditions nous envoyons le Code5*.  Lors d’une survente, le spi se dégonfle et se regonfle brusquement… et là, c’est le drame ! Nous avons démâté !

Et oui, ce sont des choses qui arrivent. Après avoir fait le point sur la casse, une question se pose: il existe deux types de gréements pour le D2 donc est-ce que l’on remet le même ou passe-t-on avec un gréement large ?  Réflexion faite nous choisissons de modifier le gréement ce qui implique la modification de l’emplacement des cadènes*.

Les délais semblent bons pour participer aux courses de la saison, mais le chantier de modification des cadènes prend du retard. Il est impossible de faire fabriquer le gréement dormant* tant que cette modification n’a pas été faite, car tout est fabriqué sur mesure. Nous profitons de ce temps d’immobilisation du bateau à terre pour faire un grand ménage du bateau et lui faire une belle carène.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Tout ce retard nous emmène au jeudi matin (soit 48h avant le départ de la Mini Golfe). Le contrôle du matériel de sécurité est déjà passé, mais toujours pas de mât. En fin de matinée, une bonne nouvelle, l’ensemble du gréement arrive sur la zone technique de la Grande Motte. Et c’est parti ! Mise en place des barres de flèche*, des haubans*, des drisses*, du réflecteur radar, de l’électronique en tête de mât…. mais le vent violent nous empêche de mâter.

Nous profitons d’une accalmie le vendredi matin pour mettre enfin le mât en place. Maintenant il faut faire les réglages de quête*, de tensions… La journée s’accélère avec les briefings où on nous annonce une possible modification de parcours.  Je termine ma soirée, encore sur le bateau afin de le préparer au mieux. Je sais très bien que tout n’est pas parfait !

Au petit matin, nouveau briefing des skippers où on nous annonce que le parcours est modifié à cause des fortes conditions météo annoncées. Nous allons donc éviter la vallée de l’Aude ou les rafales vont être fortes. Je sors rapidement sur l’eau afin de prendre le bateau en main. Dès le début, mon pilote automatique ne s’enclenche que de temps en temps. Le vent est déjà fort, je prends donc deux ris dans la grande voile et un ris dans le solent. Le bateau avance bien. Mais déjà des petits bouts* cassent, car ils ont pris du soleil depuis  trois mois et n’ont pas été mis en charge depuis.

La procédure de départ est lancée. J’arrive à passer la ligne dans le paquet de tête avec une bonne vitesse et bien positionné. Je passe la bouée de dégagement en troisième position. J’arrive à mettre le pilote, je matosse, j’essaie de faire avancer le bateau au mieux. Nous avons un vent de terre, qui devait prendre de la droite. Je décide de prendre une option à terre afin de réduire le clapot et être du bon côté du plan d’eau lors de la bascule. Malheureusement ça ne paye pas.  Je me retrouve dans une zone de transition avec un vent faible, je lâche des ris et brusquement le vent rentre…, mais du côté gauche.

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A partir de ce moment tout ce complique. La préparation hâtive du mât fait que je n’ai pas eu le temps de mettre en place des élastiques de rappel de bastaques* au niveau de barres de flèche, et donc je me retrouve avec une bastaque qui ne passe pas du bon côté de la grande voile, ce qui m’empêche de virer pour rester proche de la côte. Le temps de résoudre ce petit problème, je me retrouve au large d’une zone interdite à la navigation, impossible de retourner s’abriter vers la terre. Je continue donc ma route sans pilote. Ce dernier ne fonctionne plus du tout!

Sans pilote, toutes les manœuvres deviennent vite difficiles. Dès que je dois aller à l’avant du bateau, la cap change avec un risque de virements intempestifs qui peuvent faire de gros dégâts. Je ne peux pas me libérer du temps pour contrôler mon mât et être sûr que les réglages de tension sont toujours bon, et que rien a bougé. Je me retrouve au large de Sète avec 3 ris dans la grande voile, deux ris dans le solent, plus de 30 nœuds de vent et une houle très courte de plus de 1 mètre. Connaissant un peu le zone je me doute que vers le Cap d’Agde les conditions sont encore plus musclées et je constate que certains coins que l’on a mis en place pour caler le mât au niveau de l’étambrai* sont tombés ! Par sécurité je décide de faire demi-tour et de rentrer à la Grande Motte.

Pour ma première navigation de la saison, ce fut des conditions musclées, mais très intéressantes et instructives. Les réglages du mât vont encore être travaillés, le pilote doit être réparé pour la prochaine course début avril: le Grand Prix d’Italie.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

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Pour celles et ceux qui ne connaissent pas les termes techniques voici quelques définitions. S’il y a des mots que vous ne comprenez pas, demandez moi en commentaire, je me ferais un plaisir d’y répondre.

*Ris: Partie d’une voile destinée à être repliée sur une bôme à l’aide de garcettes de ris.
*Solent: Foc occupant 100 % du triangle avant. Il trouve son origine dans l’une des régates disputées dans le Solent pendant l’Admiral’s Cup et permet de virer de bord plus facilement qu’avec un foc à recouvrement (génois).
*Près: Allure proche du lis du vent. Gouverner au près ou au plus près implique des voiles bordées au maximum, de manière à faire remonter le bateau dans la direction du vent.
*Code 5: Spi de surface réduite permettant des allures loffés.
*Cadènes: Pièces métalliques fixées à la coque pour servir de point d’attache aux haubans.
*Gréement Dormant: Pour l’ensemble du haubanage, on parle de gréement dormant, par opposition au gréement courant (écoutes, drisses, etc.).
*Barres de flèche: Pièces de bois ou de métal qui écartent les haubans du mât et confèrent à celui-ci une meilleure tenue lorsqu’il est soumis à des contraintes importantes.
*Hauban:  Câbles servant à assurer la rigidité du mât.
*Drisse: Cordage servant à hisser une voile sur son mât.
*Quête: Angle que fait le mât d’un voilier par rapport à la verticale.
*Bouts: Définit tout cordage à bord d’un navire. On prononce : boute.
*Bastaques: Système de hauban mobile situé sur l’arrière. C’est la bastaque au vent qui doit être raidie, pour compenser une voile qui tire le mât vers l’avant, à l’aide d’un palan,
*Etambrai: Ouverture pratiquée dans le pont pour permettre d’y passer un mât jusqu’à son emplanture sur la quille.

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